
© Photos : Juan Jerez
Tout juste livré à Puteaux par Camille Grenu, le projet Jacotot est un intérieur hors du temps. Un refuge de 26 m² pensé comme un petit havre de paix où venir se blottir seul ou à deux. Un îlot de douceur aux accents vintage, entre brutalisme et Space Age, où chaque détail compose une atmosphère singulière.

Ici, les œuvres d’art sont bien plus qu’une collection : elles sont le fil conducteur du projet. Une lithographie rare, une esquisse encadrée, une encre graphique, une grande estampe sur papier précieux, un bas-relief troglodyte chiné, des totems en verre soufflé irisé des années 70 ou encore la photographie de ruines antiques de Juan Jerez donnent au lieu son âme et sa profondeur.

Leur présence contraste avec la pureté du carrelage, du chrome et des lignes architecturales. Les bruns, les terres et les noirs réchauffent les nuances de craie, tandis que leur patine apporte à cet appartement neuf l’impression d’avoir toujours existé.

Une même écriture se dessine, évoquant les maisons troglodytes, les îles grecques ou les fincas espagnoles.

La cuisine résume à elle seule cette intention. Pensée comme un objet posé dans la pièce, elle s’efface presque derrière son élégance. Camille Grenu aime que les espaces techniques deviennent aussi désirables que les pièces à vivre. Que cuisiner permette autant de contempler une œuvre, un objet chiné ou le paysage par la fenêtre que de préparer un repas. Au-dessus de l’évier, le bas-relief troglodyte s’est imposé comme une évidence. Il fait écho à l’alcôve nuit, comme une mise en abyme, une ouverture vers un ailleurs, à la manière de la petite porte d’Alice au pays des merveilles.


Les matières participent elles aussi à cette narration. Le carrelage en relief ultra brillant rencontre le vieux bois, l’inox dialogue avec l’argile, la pierre blanche côtoie le métal laqué, le verre répond au grès. Des contrastes qui donnent du relief, multiplient les niveaux de lecture et rendent cet espace vivant. Un intérieur sobre et épuré, mais profondément habité.
