

Les Échos Études propose une étude approfondie consacrée au marché de la décoration et de l’aménagement d’intérieur, offrant une vision globale des enjeux actuels du secteur, de ses règles du jeu et des habitudes de consommation des Français. Cette analyse met en lumière les tendances qui occupent ce marché en pleine transformation, tout en soulignant les défis économiques, technologiques et environnementaux auxquels les acteurs doivent faire face.
Après la crise sanitaire, le marché de la décoration a connu un véritable essor, en effet, les Français désiraient se « réapproprier » leur intérieur et se créer des espaces à la fois confortables et esthétiques. Le confinement a renforcé la place du domicile dans la vie quotidienne, transformant les besoins et les priorités des consommateurs. Les Français ont investi davantage dans des objets et du mobilier qui reflètent leur style et leur personnalité en recherchant des solutions pour améliorer leur bien-être à la maison. Cependant, depuis deux ans, le secteur connaît un ralentissement marqué. Cette tendance est largement due à la combinaison de l’inflation et de la crise immobilière, impactant le pouvoir d’achat et freinant les projets d’aménagement. Les consommateurs ont ainsi adopté des comportements plus prudents, en réduisant leurs dépenses non nécessaires impactant directement le chiffre d’affaires des enseignes spécialisées.
Malgré ce contexte économique complexe, le secteur de la décoration d’intérieur reste important. La recherche de confort et de bien-être chez soi reste une priorité essentielle pour les Français, même lorsque le contexte économique les pousse à modérer leurs achats. L’habitat continue d’être perçu tel notre lieu de refuge et de plaisir, et cette vision alimente une demande constante de produits de décoration et d’aménagement innovants.

La concurrence dans ce marché est extrêmement vive et ne cesse de s’intensifier. Cette diversité rend le marché particulièrement disputé. Les acteurs traditionnels, qu’il s’agisse de grandes enseignes spécialisées ou de boutiques locales, continuent de jouer un rôle central en matière de prescription et de fidélisation client. Cependant, l’émergence de nouveaux acteurs bouleverse le paysage. L’e-commerce, par exemple, connaît une croissance continue, portée par le développement de marketplaces dédiées à la décoration, offrant une large gamme de produits à des prix variés, tout en proposant des services intéressants tels que la livraison à domicile et la personnalisation des articles.
Les enseignes de bazar-discount tirent parti de la recherche croissante de bonnes affaires et de prix compétitifs, séduisant une clientèle sensible au côté économique de ses achats. Les marques de mode, quant à elles, investissent de plus en plus le domaine de la maison, proposant des collections de décoration qui reflètent l’esthétique et le style de leurs lignes vestimentaires. Les plateformes chinoises attirent également un nombre croissant de consommateurs grâce à des prix très compétitifs voire incomparables et une offre diversifiée, parfois difficile à trouver dans les circuits traditionnels. Enfin, les cuisinistes diversifient leurs services en s’ouvrant à l’aménagement global de l’habitat, transformant leur rôle initialement centré sur la cuisine en un accompagnement complet de la décoration et de l’agencement intérieur.

Un autre facteur déterminant du marché actuel est la montée des questions d’éthique écologique. Les consommateurs sont de plus en plus sensibles à l’impact environnemental de leurs achats et privilégient des solutions durables et responsables.
Cela favorise le développement rapide de la décoration de seconde main, avec une part importante des jeunes adultes, en particulier les 25-34 ans, qui alimentent ce marché en quête d’objets uniques, durables. Ce phénomène traduit un véritable changement dans les habitudes de consommation, où la valeur sentimentale, l’histoire et la durabilité des objets deviennent aussi importantes que leur aspect esthétique.
À Montpellier, le Café Sofa dépasse largement le cadre du coffee shop classique pour devenir un espace hybride, à mi-chemin entre café de spécialité et galerie de décoration vintage. Niché dans le centre historique, le lieu propose une sélection de pièces de mobilier et d’objets de seconde main, sélectionnés avec soin, dont certaines références iconiques des années 60 et 70.
Alors que la seconde main s’impose comme un véritable choix de société, ce concept trouve un écho naturel auprès des nouvelles générations. En mêlant moment de détente, découverte esthétique et consommation plus responsable, Sofa répond aux attentes d’une clientèle jeune, curieuse et engagée, en quête d’objets singuliers porteurs de sens.
L’adresse illustre une manière contemporaine de consommer : privilégier la qualité, la durabilité et l’authenticité sans renoncer au style. Une dynamique qui fédère aujourd’hui une communauté sensible au design, aux savoir-faire locaux et aux enjeux environnementaux, confirmant que désir esthétique et conscience éthique peuvent parfaitement coexister.
https://www.sofa-montpellier.fr

En parallèle, l’intelligence artificielle et la digitalisation transforment en profondeur l’expérience client. Des outils tels que les simulateurs de décoration en 3D, les recommandations personnalisées basées sur l’IA ou les services de design à distance permettent de repenser le parcours d’achat, en rendant la décoration plus accessible et adaptée aux besoins spécifiques de chaque consommateur.
Ces transformations imposent aux acteurs du marché une grande capacité d’adaptation et d’innovation. Il faut savoir se réinventer. Pour rester compétitifs, ils doivent adapter leurs stratégies aux nouvelles attentes des consommateurs, tout en alliant contraintes économiques, exigences environnementales et innovations technologiques.
Cette étude met en évidence que 60 % des Français achètent plusieurs fois par an, ce qui souligne l’importance de la récurrence dans ce marché. Les lampes apparaissent comme le produit « phare », choisi par 38 % des consommateurs. 48 % des Français déclarent être plus sensibles aux produits de décoration proposés par des enseignes spécialisées, ce qui confirme la place centrale de l’expertise et de la qualité dans le choix des articles décoratifs. Enfin, le marché de la seconde main est largement porté par les 25-34 ans, 84 % d’entre eux se déclarant intéressés pour acheter des objets de décoration d’occasion, illustrant l’importance croissante des jeunes générations dans la transformation des pratiques de consommation.

Source : Les Échos Études d’après une enquête menée auprès d’un échantillon de 1499 acheteurs représentatifs de la population française menée en octobre 2025 en partenariat avec Bilendi