
Texte : Isabelle Aubailly
En ce premier jour d’été, perdue dans un des plus agréables quartiers de la capitale. « Evi Evane » se découvre rue de Guisarde dans le 6e arrondissement et côtoie toutes les belles brasseries festives des rues des Canettes, Princesse, du Four.

On pousse la porte, le chef de salle nous attend tout sourire et nous guide vers notre table. Poutres au plafond, céramiques aux murs, banquettes confortables, quelques tables en bois, nous sommes dans un lieu charmant, le restaurant gastronomique de Maria et Dina Nikolaou. Une maison de femmes, une mai- son de saveurs où l’histoire de ce pays fabuleux accompagne chaque plat. Un nom renvoie à un paysage, à un dieu et à toute l’histoire de ce pays.
Chez les Nikolaou, la cuisine est une affaire de transmission au- tant que de passion. Originaires d’un village au nord d’Athènes, Maria et Dina décident d’ouvrir en 2006 leur propre adresse pour faire rayonner la richesse de la gastronomie hellénique. C’est ainsi qu’est née Evi Evane, qui signifie « À votre santé » en grec ancien : un nom qui résume l’esprit de convivialité et de partage qui anime leur table.

En quelques minutes, on est transporté : le pain pita est sur la table, chaud, parfumé, odeurs d’huile d’olive, d’origan. La Méditerranée est devant moi, ces tavernes que j’aime tant, au bord de l’eau ou au coin d’une rue à Athènes. Ce pays offre mille visages, mille voyages et partout, toujours une infinie générosité dans les regards, les mains tendues et la cuisine.
Simples, ensoleillés, des plats de partage que l’on pose au milieu de la table de bois. Les mezzés s’imposent comme une ode à la diversité : dolmades végétaux, tarama maison au citron confit, salade de poulpes savoureux. Il faut s’arrêter un instant sur le tarama, une des préparations les plus populaires, trouve ici son apothéose. La texture est onctueuse, la couleur légèrement crème, la saveur exceptionnelle, pure et intense. La présentation avec des zestes de citrons verts et des graines de grenade déposés comme des bijoux est unique. Un coup de cœur absolu !

Notre chef de salle accompagne chaque plat d’une anecdote, il connaît chaque ingrédient qui compose les recettes élaborées de Dina et aime à les raconter. On se régale. L’atmosphère est chaleureuse, entre esprit taverne et raffinement urbain. Côté plats, les boulettes de veau fondent en bouche, les pois chiches à la viande séchée prennent des airs de plat d’anthologie.
Avant le dessert, Dina vient s’asseoir à notre table pour nous raconter cette belle histoire de cuisine. Après des études de commerce, formée dans les plus grandes écoles culinaires françaises – du Cordon Bleu à l’École Ducasse – elle orchestre une cuisine à la fois fidèle aux traditions de son pays et libre dans son expression. Maria, sa sœur, assure avec rigueur et sensibilité le lien familial et opérationnel.

Depuis 2020, leurs filles Katerina et Stella Milakis ont rejoint l’aventure, incarnant une nouvelle génération aussi impliquée que déterminée à faire briller Evi Evane. Elle nous raconte sa « folle » vie de star entre ses semaines de tournage à Athènes pour des émissions culinaires, le restaurant et les épiceries fines à Paris et les évènements à animer. Tout tourne autour de son pays merveilleux et de ses produits.
L’approvisionnement est pensé avec soin : les viandes et légumes proviennent de producteurs locaux français, tandis que les trésors grecs – feta AOP d’Itea, huile d’olive crétoise, olives de Kalamata, lentilles de Grèce ou œufs de cabillaud pour le tarama – sont importés directement depuis des partenaires de confiance. Pour terminer, Dina nous propose le célèbre portokalopita aux oranges et le Galaktoboureko aux coings confits et safran grec de Kasani. Le gâteau des fêtes que l’on sert aux anniversaires ou fêtes religieuses toujours nombreuses en Grèce.

Maria vient prendre le café à nos côtés pour nous conter son amour de Paris et d’Athènes, elle aimerait agrandir, la taverne gastronomique est petite, on refuse souvent du monde. Bientôt la terrasse va ouvrir, ce seront quelques tables éparpillées dans la rue pour le plus grand bonheur des voyageurs. Alors on imagine déjà revenir pour goûter aux autres spéciali- tés et philosopher, évoquer la mythologie et ses belles histoires en picorant les merveilleux Mezze de Dina. Evi Evane, c’est bien plus qu’un restaurant : c’est un manifeste culinaire à la culture grecque.
>10 rue Guisarde, 75006 Paris
Depuis 2011, Evi Evane décline aussi son amour de la cui- sine grecque par le biais d’une série de traiteurs-boutiques à Paris. Ces adresses proposent une cuisine maison, à emporter ou à savourer sur le pouce. Ici, pas de surgelé, pas d’additifs : chaque plat est préparé dans le respect de la tradition et avec le souci du goût. L’épicerie fine prolonge l’expérience avec une sélection de pro- duits d’exception : huiles, thés, biscuits grecs, et même vins naturels importés.

A la sortie du restaurant, le soleil perce les nuages, alors quoi de mieux que de retrouver les quais de Seine pour une balade en Batobus, une façon unique de découvrir Paris. Seul service fluvial hop-on hop-off de la capitale, il permet de monter et descendre librement à bord de ses bateaux tout au long de la journée, au gré des envies et des étapes. Avec neuf stations situées à proximité immédiate des plus grands sites parisiens, de la tour Eiffel à Notre-Dame en passant par le Louvre ou Saint-Germain-des-Prés, Batobus offre une ex- périence à la fois pratique, immersive et panoramique.
Nous montons à Saint-Germain-des-Prés, confortablement installés à bord d’un bateau vitré, avec un point de vue privilégié sur les monuments emblématiques de la capitale. Le temps s’écoule lentement sur l’eau et les monuments offrent un profil différent. Dans cette lumière d’été il vous semble être très privilégié de cheminer ainsi au gré de l’eau, on adore !
> batobus.com

Pour bien terminer cette journée à Paris on vous recommande une adresse totalement charmante dans le quartier de Mont- martre : le BoHem Hôtel. Vous sortez au Métro Lamark Caulaincourt et la porte d’entrée de l’hôtel vous fait face. L’accueil est souriant, les chambres à la décoration raffinée dans le style art-déco sont très confor- tables. Un gros coup de cœur pour les salles d’eau avec leurs carreaux de ciment au sol, leurs zelliges rosés au mur et à l’ar- rondi de la douche. Enfin la vue sur les toits de Paris est juste parfaite après une longue journée à arpenter les pavés parisiens.
> Hôtel BoHem, Sacré-Cœur 53B rue Lamark, 75018 Paris
bohem-hotel.com